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«Dépêche-toi, esclave» : Un livreur Uber Eats Victime de Racisme

par Dimitri S. François
« Dépêche-toi, esclave » : Un livreur Uber Eats victime de racisme

Dans la soirée du vendredi 14 mai, un utilisateur d’Uber Eats a tenu à l’égard de Yaya, un employé de la boite, des propos particulièrement violents et racistes.

Ce jour-ci, Yaya – 34 ans, originaire de la Guinée Conakry – démarre sa tournée de livraisons alimentaires sur Laval (Mayenne) pour la plateforme Uber Eats. Pour celui qui affiche près de 3000 commandes au compteur et un taux de satisfaction client de 98%, la soirée devrait se passer sans encombre.

A 20 heures, Yaya prend en charge la commande de Sophia S. Le repas dans la besace, le livreur se dirige tranquillement vers le lieu de livraison quand il reçoit un message disant : « Dépêche-toi, esclave. Je vais te donner 1 centime tu mérite que sa. »

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A ne pas oublier que, lorsque quelqu’un passe une commande et que le livreur accepte, celui qui a commandé reçoit la photo du livreur. C’est ainsi qu’elle sut qu’il était noir.

L’auteur des faits exclu de la plateforme

« Je me suis garé directement avec mon vélo sur le côté de la route. » Explique Yaya. « C’est la première fois que je reçois un message pareil. Alors, au début, je me suis dit que ce n’était pas vrai, qu’il devait y avoir une erreur. Je n’avais jamais vu une chose pareille. »

« J’ai appelé Uber Eats et j’ai envoyé une capture d’écran des insultes reçues. » Poursuit-il. « La personne m’a mis en attente, le temps de prévenir son chef. Quelques minutes plus tard, ils m’ont dit de ne pas faire la livraison et ils ont annulé la commande. »

Suite à la plainte, Sophia S. a été exclue définitivement des services du géant américain. Il sera impossible à cet utilisateur de recréer un compte avec les mêmes coordonnées.

La société a pour règle : Toute personne ayant commis des faits repréhensibles, proféré des menaces, insultes envers un employé, est immédiatement suspendu à titre préventif et s’ensuit une procédure interne intransigeante pouvant mener à la suspension définitive.

Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là. Yaya s’est rendu au commissariat de police le samedi.

« Le lendemain matin, je suis allé au commissariat de police. L’agente qui a pris la plainte était choquée. » A-t-il dit.

La procédure suit son cours mais il a été difficile pour le livreur de se remettre au travail.

« Je travaille depuis mais je ne sais pas comment je fais. » Explique-t-il. « Je ne me sens pas bien. On a un groupe WhatsApp de livreurs ou j’ai partagé mon histoire. Ils me disent qu’ils se sentent tous concernés par ce qui m’est arrivé mais aucun d’entre eux n’a jamais vécu cela. »

Contactée, la plateforme continue d’apporter son soutien au livreur. « Nous réitérons avec force qu’Uber Eats ne saurait tolérer aucune discrimination envers les livreurs, restaurants et les clients, que cela soit en raison de leur origine, de leur religion, de leur handicap, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur situation familiale, de leur âge ou tout autre facteur de discrimination. »

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